Arrêt de travail pendant la grossesse : ce qui s'applique

Un arrêt maladie ordinaire obéit à ses propres règles pendant la grossesse, avec carence et taux d'indemnisation distincts de ceux du congé maternité.

Mis à jour le 10 septembre 2026

Un arrêt de travail prescrit pendant la grossesse reste un arrêt maladie : trois jours de carence avant indemnisation par l'Assurance Maladie, sauf convention collective plus favorable. Il se distingue du congé pathologique prénatal, indemnisé au taux du congé maternité, et du congé maternité lui-même.

Trois dispositifs à ne pas confondre

DispositifMotifCarenceTaux
Arrêt maladieToute pathologie, liée ou non à la grossesse3 joursIndemnités journalières maladie, souvent complétées par l'employeur selon la convention
Congé pathologique prénatalÉtat pathologique lié à la grossesse, jusqu'à 14 joursAucuneTaux maternité, plus favorable
Congé maternitéAutomatique, sur la période légaleAucuneTaux maternité

Un même épisode peut relever successivement des trois : arrêt maladie pour des vomissements sévères au 1er trimestre, congé pathologique à 32 SA, puis congé maternité à 34 SA. Demandez au praticien de préciser le motif, il détermine l'indemnisation.

Qui peut le prescrire et pour combien de temps

Un médecin généraliste, un gynécologue ou un obstétricien peut prescrire un arrêt sans limite de durée, renouvelable. Une sage-femme peut le prescrire pour 15 jours au maximum, renouvelables une fois. Au-delà, un médecin doit prendre le relais. Le choix entre ces professionnels est développé sur la page qui compare sage-femme et gynécologue.

Le médecin du travail, lui, ne prescrit pas d'arrêt : son rôle est d'aménager le poste, de proposer un changement d'affectation temporaire ou de déclarer une inaptitude. Cette voie est souvent préférable à un arrêt long, car elle maintient le salaire complet.

Les motifs les plus fréquents

  • Nausées et vomissements empêchant de travailler, surtout au 1er trimestre.
  • Mal de dos ou sciatique incompatibles avec un poste debout ou de manutention.
  • Menace d'accouchement prématuré, col raccourci, contractions fréquentes.
  • Hypertension, diabète gestationnel déséquilibré, anémie importante.
  • Grossesse gémellaire au 3e trimestre.
  • Épuisement, trajets longs, exposition professionnelle à un risque non aménageable.

Un arrêt n'est jamais automatique et ne se demande pas comme un droit : il repose sur une appréciation médicale. Si le problème vient du poste plutôt que de la santé, la piste à explorer d'abord est l'aménagement, décrit avec l'ensemble des droits de la salariée enceinte.

La procédure et les délais

  1. Sous 48 heures envoyez les volets 1 et 2 à votre caisse d'Assurance Maladie et le volet 3 à l'employeur. Beaucoup d'arrêts sont désormais télétransmis, mais le volet employeur reste à votre charge.
  2. Attestation de salaire transmise par l'employeur : sans elle, aucune indemnité journalière n'est versée.
  3. Respect des horaires de présence à domicile mentionnés sur l'avis, sauf mention de sorties libres. Un contrôle est possible.
  4. Prolongation établie par le même praticien ou par votre médecin traitant, sauf exception justifiée.
  5. Reprise à la date prévue, ou visite de préreprise auprès du médecin du travail si l'arrêt a dépassé trente jours.

Les statuts autres que salarié

Une travailleuse indépendante perçoit des indemnités journalières calculées sur son revenu professionnel annuel moyen, sous condition d'affiliation, avec un délai de carence propre à son régime. Une agente publique conserve son traitement pendant une durée qui dépend de son statut et de son ancienneté, sans passer par des indemnités journalières. Une demandeuse d'emploi indemnisée bascule d'allocation chômage à indemnités journalières pendant l'arrêt. Une salariée en contrat court doit vérifier ses conditions d'ouverture de droits, fondées sur un nombre d'heures travaillées ou un montant de cotisations sur une période de référence. En cas de doute sur votre situation, la caisse d'Assurance Maladie répond par la messagerie de votre compte, ce qui laisse une trace écrite.

Ce que l'arrêt change et ce qu'il ne change pas

La protection contre le licenciement liée à la grossesse s'applique indépendamment de l'arrêt : un employeur ne peut pas rompre le contrat au motif de vos absences liées à la grossesse. Les congés payés continuent d'être acquis selon les règles applicables à la maladie, généralement moins favorables que pendant le congé maternité. Un arrêt long peut réduire certaines primes d'assiduité, prévues par accord d'entreprise.

Le début du congé maternité n'est ni avancé ni retardé par un arrêt maladie : il démarre à sa date légale, calculée à partir de la date présumée d'accouchement issue de votre calcul de DPA. En revanche, un arrêt prescrit pendant une période de congé prénatal reportée annule ce report pour les jours concernés. Ces articulations font partie du calendrier récapitulé dans le suivi de grossesse et ses démarches.

Consultez en urgence, arrêt ou non, devant des contractions régulières avant 37 SA, une perte de liquide, des saignements, des maux de tête intenses avec troubles de la vue, une douleur en barre sous les côtes, un gonflement brutal du visage et des mains, une fièvre au-dessus de 38 °C ou une diminution nette des mouvements du bébé.

Questions fréquentes

Les trois jours de carence s'appliquent-ils toujours ?

Ils s'appliquent aux indemnités versées par l'Assurance Maladie. De nombreuses conventions collectives et la fonction publique prévoient un maintien de salaire qui neutralise tout ou partie de cette carence. Vérifiez votre convention avant de vous inquiéter du montant.

Faut-il indiquer le motif de l'arrêt à l'employeur ?

Non. Le volet destiné à l'employeur ne comporte aucune information médicale, seulement les dates. Vous n'êtes pas tenue de préciser la cause, ni même que l'arrêt est lié à la grossesse.

Peut-on être en arrêt jusqu'au congé maternité ?

Oui, si l'état de santé le justifie et si le médecin renouvelle la prescription. Beaucoup de femmes enchaînent arrêt maladie, congé pathologique de 14 jours puis congé maternité. Le taux d'indemnisation change à chaque étape.

Un arrêt réduit-il les indemnités du congé maternité ?

Le calcul des indemnités de congé maternité repose sur les salaires des trois mois précédant l'arrêt de travail. Si vous avez été en arrêt maladie juste avant, la caisse retient en principe les salaires antérieurs à cette période. Demandez confirmation à votre caisse en cas de doute.

Sources : Assurance Maladie (ameli.fr), arrêt de travail et indemnités journalières ; Service-public.fr ; Code du travail ; Code de la sécurité sociale ; Haute Autorité de santé.