Prises de sang obligatoires pendant la grossesse

Une dizaine d'analyses réparties sur neuf mois, dont certaines se répètent chaque mois. Voici lesquelles, à quel moment et pourquoi elles sont demandées.

Mis à jour le 10 septembre 2026

Les analyses obligatoires sont prescrites dès la première consultation prénatale, avant 10 SA. Elles sont prises en charge au titre de l'assurance maternité et se font dans n'importe quel laboratoire, sur rendez-vous ou non selon les villes.

Le bilan du 1er trimestre

  • Groupe sanguin et rhésus : deux déterminations sont nécessaires pour établir une carte de groupe valide. Si vous êtes de rhésus négatif, un génotypage du rhésus fœtal sur votre sang peut être proposé pour savoir si une prévention par immunoglobulines est nécessaire.
  • Recherche d'agglutinines irrégulières (RAI) : elle détecte des anticorps dirigés contre les globules rouges du fœtus, à contrôler au cours de la grossesse selon votre rhésus et vos antécédents transfusionnels.
  • Sérologie de la toxoplasmose : elle détermine si vous êtes immunisée. Si elle est négative, elle est répétée tous les mois jusqu'à l'accouchement et les précautions alimentaires s'appliquent.
  • Sérologie de la rubéole : elle est répétée jusqu'à environ 18 à 20 SA si vous n'êtes pas immunisée, la vaccination n'étant possible qu'après l'accouchement.
  • Sérologie de la syphilis : obligatoire, car l'infection se traite efficacement pendant la grossesse et ses conséquences fœtales sont sévères en l'absence de traitement.
  • Dépistage du VIH : systématiquement proposé, jamais imposé. Une prise en charge précoce réduit très fortement le risque de transmission au bébé.
  • Glycémie à jeun : prescrite en présence d'un facteur de risque de diabète, elle précède le dépistage réalisé plus tard, décrit sur la page du test O'Sullivan.
  • Analyse d'urines : recherche de sucre et d'albumine, à répéter chaque mois, et examen cytobactériologique en cas de symptômes ou d'antécédent d'infection urinaire.

Le calendrier complet

MomentAnalysesStatut
Avant 10 SAGroupe et rhésus, RAI, toxoplasmose, rubéole, syphilis, urinesObligatoire
Avant 10 SAVIH, hépatite C selon les facteurs de risque, glycémie à jeun si risque de diabèteProposé
11 à 13 SA + 6Marqueurs sériques du dépistage de la trisomie 21Proposé, avec consentement écrit
Chaque moisSucre et albumine dans les urines ; toxoplasmose si non immuniséeObligatoire
24 à 28 SADépistage du diabète gestationnel en présence d'un facteur de risqueRecommandé
6e mois (25 à 28 SA)Antigène HBs de l'hépatite B, numération formule sanguineObligatoire
8e et 9e moisRAI si rhésus négatif ou antécédent transfusionnel, bilan avant la consultation d'anesthésieSelon la situation
34 à 38 SAPrélèvement vaginal à la recherche du streptocoque BRecommandé, ce n'est pas une prise de sang

À quoi sert chaque résultat

La numération formule sanguine du 6e mois recherche une anémie, fréquente à ce stade en raison de l'augmentation du volume sanguin. Une hémoglobine basse conduit à prescrire du fer, jamais en prévention systématique. Le dépistage de l'hépatite B au 6e mois permet, si l'antigène HBs est positif, d'organiser dès la salle de naissance la sérovaccination du nouveau-né, qui empêche la transmission dans la grande majorité des cas.

Les sérologies répétées de la toxoplasmose n'ont d'intérêt que si vous n'êtes pas immunisée : elles permettent de repérer une infection en cours et de mettre en route un traitement rapidement. Le suivi mensuel des urines cherche des signes précoces d'infection urinaire et de pré-éclampsie, la présence d'albumine étant l'un des critères de cette complication.

Contactez rapidement le professionnel qui vous suit si une sérologie de la toxoplasmose ou de la rubéole devient positive alors qu'elle était négative, si une RAI revient positive, si l'hémoglobine est très basse, ou en cas de fièvre inexpliquée. Une séroconversion en cours de grossesse impose une prise en charge dans les jours qui suivent, pas au prochain rendez-vous mensuel.

Organisation pratique

La plupart de ces analyses ne nécessitent pas d'être à jeun, à l'exception de la glycémie à jeun et du bilan lipidique éventuel. Apportez l'ordonnance, la carte Vitale, la carte de mutuelle et surtout vos résultats antérieurs : une sérologie de la rubéole déjà positive ou une carte de groupe complète évitent de refaire des examens. Les résultats sont adressés au prescripteur et vous sont remis, souvent par voie électronique en un à trois jours ; conservez-les dans votre carnet de santé maternité, qui suit toute la grossesse et sert de référence à la maternité.

Les analyses obligatoires sont prises en charge dès la déclaration de grossesse, et l'ensemble des soins remboursables passe à 100 % à partir du 1er jour du 6e mois. Le rythme des prélèvements suit celui des consultations prénatales : chaque rendez-vous est l'occasion de vérifier ce qui est à faire avant le suivant. Le calendrier d'ensemble figure sur le hub suivi médical et démarches.

Ce qui n'est pas systématique

Le dosage de la vitamine D, le bilan thyroïdien, la ferritine, le dépistage du cytomégalovirus ou celui de l'hépatite C ne sont pas prescrits à toutes : ils dépendent des antécédents, des symptômes et des facteurs de risque. Le dosage des bêta-hCG n'a pas d'utilité une fois la grossesse confirmée et évolutive à l'échographie. Réclamer des analyses supplémentaires sans indication conduit surtout à multiplier les résultats limites et l'inquiétude. À l'inverse, signalez systématiquement un antécédent de thrombose, une maladie auto-immune, un traitement au long cours ou une maladie génétique familiale : ce sont eux qui justifient un bilan élargi.

Questions fréquentes

Faut-il être à jeun pour les prises de sang de grossesse ?

Pas pour les sérologies, le groupe sanguin, la numération ni les marqueurs sériques. Le jeûne, de huit à douze heures, n'est nécessaire que pour la glycémie à jeun et pour le test de dépistage du diabète gestationnel.

Combien de prises de sang au total pendant une grossesse ?

Entre cinq et une dizaine en général, davantage si vous n'êtes pas immunisée contre la toxoplasmose, puisque la sérologie devient alors mensuelle. Les analyses d'urines s'y ajoutent chaque mois.

Peut-on refuser certains examens ?

Le dépistage du VIH et celui de la trisomie 21 sont proposés et se refusent librement. Les autres analyses sont dites obligatoires au sens réglementaire, mais aucun examen ne peut être réalisé sans votre accord ; un refus se discute avec le professionnel qui vous suit.

Les résultats sont-ils transmis automatiquement à la maternité ?

Pas toujours. Apportez vos résultats à chaque consultation et gardez-en une copie dans votre carnet de santé maternité, y compris la carte de groupe sanguin, qui sera demandée à l'arrivée en salle de naissance.

Que faire si un résultat inquiète et que le rendez-vous est loin ?

Appelez le cabinet ou la maternité en indiquant le résultat concerné : la plupart des situations se règlent par téléphone ou par une consultation avancée. Ne restez pas plusieurs semaines avec un résultat que personne ne vous a expliqué.

Sources : Assurance Maladie (ameli.fr), examens médicaux obligatoires de la grossesse ; Haute Autorité de santé ; CNGOF ; Santé publique France ; Code de la santé publique pour la liste des examens prénataux.