Herpès génital pendant la grossesse : que faire

Le risque pour le nouveau-né vient surtout d'une première infection en fin de grossesse. Les récurrences, elles, sont beaucoup moins préoccupantes.

Mis à jour le 10 septembre 2026

Le risque néonatal dépend du type d'épisode et de son moment. Une primo-infection dans le dernier mois de la grossesse est la situation la plus à risque, car vous n'avez pas encore d'anticorps à transmettre au bébé. Une récurrence chez une femme infectée de longue date expose beaucoup moins. La présence de lésions au moment du travail fait discuter une césarienne.

Primo-infection et récurrence, deux situations différentes

L'herpès génital est dû aux virus HSV-1 ou HSV-2, qui restent dans l'organisme après la première rencontre et se réactivent par périodes. Cette distinction commande tout le raisonnement obstétrical. Lors d'une primo-infection, le virus se multiplie longtemps, en grande quantité, et la mère n'a pas encore fabriqué d'anticorps protecteurs : le bébé ne reçoit donc rien qui le protège. Lors d'une récurrence, l'excrétion virale est plus courte, moins abondante, et les anticorps maternels traversent le placenta depuis des mois.

ÉlémentPrimo-infectionRécurrence
SymptômesNombreuses vésicules douloureuses, brûlures en urinant, ganglions, fièvre, malaise généralQuelques vésicules localisées, précédées de picotements, guérison en quelques jours
Durée de l'excrétion viraleLongue, jusqu'à deux à trois semainesCourte, quelques jours
Anticorps maternels transmisAbsents si l'épisode est récentPrésents et protecteurs
Risque pour le nouveau-néÉlevé si l'épisode survient dans le dernier moisFaible

Un épisode génital n'est pas toujours facile à distinguer d'une mycose ou d'une autre irritation. Devant des lésions douloureuses, un prélèvement local permet d'identifier le virus, et une sérologie précise s'il s'agit d'une première infection ou d'une réactivation. Les modifications banales des pertes blanches, elles, ne sont pas un signe d'herpès.

Ce que le virus peut provoquer chez le nouveau-né

L'herpès néonatal est rare, mais c'est une infection grave, qui peut toucher la peau, les yeux, la bouche, le système nerveux ou l'ensemble de l'organisme. La contamination se produit dans l'immense majorité des cas au moment du passage dans la filière génitale, plus rarement après la naissance par contact avec une personne présentant un bouton de fièvre. La transmission pendant la grossesse, à travers le placenta, est exceptionnelle. C'est cette chronologie qui explique que toute la prévention se concentre sur les dernières semaines et sur le jour de l'accouchement, contrairement à d'autres infections comme le cytomégalovirus, dont le risque est réparti sur toute la grossesse.

Le traitement antiviral

Des antiviraux existent et sont utilisables pendant la grossesse : les données d'exposition sont rassurantes, et le Centre de référence sur les agents tératogènes les considère comme compatibles. Ils sont prescrits pour traiter un épisode aigu, en particulier une primo-infection, et parfois de façon préventive dans les dernières semaines, à partir d'environ 36 SA (34 semaines de grossesse), afin de réduire le risque de poussée au moment de l'accouchement. Cette prescription relève du médecin ou de la sage-femme : ni la molécule, ni la durée, ni la dose ne s'improvisent, et aucune posologie ne peut être donnée ici. Les principes généraux de l'usage des médicaments pendant la grossesse figurent sur la page dédiée. En traitement local, un antiseptique doux et des soins d'hygiène simples suffisent, le paracétamol couvrant la douleur.

Comment se décide le mode d'accouchement

Deux éléments sont pris en compte à l'arrivée en salle de naissance : le type d'épisode et la présence de lésions visibles. Un examen du périnée et de la vulve est réalisé au début du travail. Une césarienne est discutée en cas de primo-infection survenue dans les dernières semaines, ou en cas de lésions herpétiques au moment du travail. En l'absence de lésion et hors primo-infection récente, la voie basse reste la règle, avec quelques précautions : limitation des gestes qui traversent la barrière cutanée du bébé, comme la pose d'électrodes sur son crâne, et surveillance du nouveau-né. La rupture prolongée des membranes, décrite sur la page de la perte des eaux, entre également dans la réflexion. Aucune décision n'est automatique : elle se prend au cas par cas, avec l'équipe.

Se protéger quand on n'est pas infectée

  • Se protéger d'une contamination en fin de grossesse si votre partenaire a des antécédents d'herpès génital : préservatif systématique, et abstinence pendant les poussées, au 3e trimestre en particulier. Ce point est abordé sur la page des rapports sexuels pendant la grossesse.
  • Éviter les rapports oro-génitaux si le partenaire présente un bouton de fièvre, le HSV-1 buccal pouvant contaminer la région génitale.
  • Signaler tout antécédent, le vôtre comme celui de votre partenaire, lors des consultations : cette information conditionne la surveillance de fin de grossesse. La sérologie n'est pas un dépistage systématique parmi les prises de sang obligatoires, elle se prescrit sur point d'appel.
  • Après la naissance, se laver les mains avant de toucher le bébé, ne pas l'embrasser en cas de bouton de fièvre et porter un masque le temps de la poussée. L'allaitement reste possible, sauf lésion sur le sein.

Consultez le jour même si des vésicules, des ulcérations ou des brûlures apparaissent au niveau de la vulve ou du vagin, surtout au 3e trimestre, et particulièrement s'il s'agit d'un premier épisode. Prévenez la maternité dès le début du travail ou la rupture des eaux en signalant vos antécédents d'herpès et toute poussée en cours, comme vous le feriez pour le streptocoque B. Consultez en urgence pour le nouveau-né devant des vésicules sur la peau, un œil rouge et larmoyant, une fièvre, une somnolence anormale, un refus de téter ou des mouvements anormaux dans les premières semaines de vie.

Questions fréquentes

Un herpès pendant la grossesse peut-il provoquer une fausse couche ?

La transmission au fœtus pendant la grossesse est exceptionnelle, et l'herpès génital ne figure pas parmi les causes habituelles de fausse couche. Le risque se concentre sur la période de l'accouchement.

Aurai-je forcément une césarienne ?

Non. La césarienne se discute en cas de primo-infection récente ou de lésions présentes au moment du travail. Une femme aux antécédents anciens, sans poussée le jour J, accouche par voie basse.

Les antiviraux sont-ils sans danger pour le bébé ?

Les molécules utilisées bénéficient d'un recul important et sont considérées comme compatibles avec la grossesse. Le bénéfice, la durée et le moment de la prescription sont évalués par le médecin qui vous suit.

Puis-je transmettre l'herpès à mon bébé en le prenant dans les bras ?

Un bouton de fièvre sur la lèvre est contagieux pour un nouveau-né. Lavez-vous les mains, ne l'embrassez pas pendant la poussée et couvrez la lésion. Cette précaution vaut pour toutes les personnes qui approchent le bébé. Les autres infections de la grossesse sont réunies sur le hub santé et complications.

Sources : Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), prévention et prise en charge de l'herpès génital et de l'herpès néonatal ; Haute Autorité de santé ; Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT) ; Assurance Maladie (ameli.fr).