22 SG, c'est 24 SA. Vous terminez le 5e mois (20 à 24 SA) : le 6e mois commence à 25 SA. Vous êtes dans la dernière partie du 2e trimestre, à environ 17 semaines du terme de 41 SA.
Le bébé à 24 SA : 23 à 26 cm
Le fœtus mesure 23 à 26 cm de la tête aux talons et pèse 550 à 680 g. Le visage est presque complet : cils, sourcils, cheveux, narines perméables. Les empreintes des doigts et des orteils sont définitives.
Les poumons franchissent une étape décisive : les cellules qui produiront le surfactant apparaissent, et les capillaires se rapprochent des futures alvéoles. Cette maturation, qui se poursuivra jusqu'au terme, est ce qui rend une naissance de plus en plus viable de semaine en semaine.
Le cerveau s'organise à grande vitesse : les neurones migrent vers leur position définitive et les premières circonvolutions se dessinent à la surface du cortex. Les réponses aux stimulations deviennent plus nettes, avec des sursauts à un bruit fort et des mouvements de retrait au toucher de la paroi.
L'oreille interne, désormais mature, transmet des informations précises sur la position et le mouvement. Le fœtus dispose encore d'assez de place pour se retourner complètement ; sa présentation définitive ne se fixera qu'au 3e trimestre.
24 SA, seuil de viabilité : ce que cela signifie
La limite de viabilité se situe autour de 24 SA. En pratique, cela veut dire qu'à partir de ce terme, une réanimation néonatale peut être engagée avec des chances de survie qui progressent rapidement de semaine en semaine, au prix d'une hospitalisation longue et d'un risque de séquelles non négligeable. Avant 24 SA, la prise en charge active reste exceptionnelle et se discute au cas par cas avec les parents et l'équipe.
Les moyens dont dispose l'équipe pour retarder une naissance sont bien établis : traitement pour freiner les contractions, corticoïdes pour accélérer la maturation pulmonaire du fœtus, sulfate de magnésium pour la protection cérébrale, et transfert éventuel vers une maternité de niveau 3 disposant d'une réanimation néonatale. Ces mesures s'appliquent d'autant mieux qu'elles sont mises en route tôt.
Ce repère n'est pas un seuil de sécurité : chaque semaine gagnée compte, et une naissance avant 32 SA reste une grande prématurité. C'est pourquoi les signes de menace d'accouchement prématuré — contractions régulières, pertes inhabituelles, pression pelvienne, saignements — imposent une évaluation immédiate à partir de maintenant. Le déroulement des premiers jours d'un bébé né prématurément est décrit sur la page dédiée.
Médicaments : ce qui change formellement à 24 SA
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont déconseillés pendant toute la grossesse et deviennent formellement contre-indiqués à partir de 24 SA, quelle que soit la voie d'administration, y compris en gel ou en comprimé pris une seule fois. Ils peuvent provoquer une fermeture prématurée du canal artériel du fœtus et une atteinte rénale, parfois irréversibles.
| Médicament | Pendant la grossesse |
|---|---|
| Paracétamol | Antalgique de référence, à la dose efficace la plus faible et le moins longtemps possible |
| Ibuprofène et autres AINS | À éviter à tout terme, contre-indication formelle dès 24 SA |
| Aspirine à dose antalgique | Même règle que les AINS |
| Aspirine à faible dose | Uniquement sur prescription, dans la prévention de la pré-éclampsie |
| Automédication, plantes, huiles essentielles | À écarter sans avis : l'innocuité de la plupart n'est pas établie |
Les antalgiques ne sont pas les seuls concernés. Les vasoconstricteurs contre le rhume, les collyres et les gels contenant un anti-inflammatoire, certains sirops et de nombreuses préparations en vente libre sont à écarter. Une simple question au pharmacien, avec la mention systématique de la grossesse et du terme, évite l'essentiel des erreurs.
Pour toute autre molécule, la référence française est le CRAT, consulté par les professionnels de santé. Un traitement chronique ne s'arrête jamais de sa propre initiative : l'équilibre d'un asthme, d'une épilepsie ou d'une dépression protège aussi le fœtus. Le panorama complet figure sur la page des médicaments autorisés et interdits.
Dépistage du diabète gestationnel : la fenêtre s'ouvre
Le dépistage se pratique entre 24 et 28 SA, et il est ciblé : il concerne les femmes présentant au moins un facteur de risque — âge de 35 ans ou plus, IMC de 25 ou plus, antécédent personnel de diabète gestationnel ou de macrosomie, antécédent familial de diabète au premier degré. En dehors de ces situations, il n'est pas systématique.
La méthode recommandée aujourd'hui, encore couramment appelée test O'Sullivan du nom du dépistage historique à 50 g, est l'hyperglycémie provoquée par voie orale avec 75 g de glucose, avec trois dosages : à jeun, une heure et deux heures après. Un seul résultat au-dessus des seuils suffit au diagnostic. L'examen dure environ deux heures et impose de rester sur place. Les modalités pratiques et les valeurs sont détaillées sur la page du test de dépistage.
Votre corps en fin de 5e mois
L'utérus dépasse le nombril de plusieurs centimètres et la hauteur utérine avoisine 22 à 24 cm. La pression sur le diaphragme et l'estomac se fait sentir : essoufflement à l'effort, reflux après les repas, sensation de satiété rapide. Fractionner les repas et surélever la tête du lit reste la première mesure.
Les douleurs du bas du dos et du bassin s'intensifient chez beaucoup de femmes. La position sur le dos, déjà inconfortable, est à abandonner pour dormir : le côté gauche avec un coussin entre les genoux reste la référence. Les jambes lourdes, les varices et les hémorroïdes s'aggravent avec la station debout et la chaleur.
La circulation veineuse se dégrade encore : varices des jambes, parfois de la vulve, hémorroïdes favorisées par la constipation. Marcher tous les jours, éviter les stations debout immobiles et les sources de chaleur, dormir jambes légèrement surélevées et porter une contention adaptée constituent la base du traitement. Les hémorroïdes se soignent par des topiques compatibles avec la grossesse et surtout par la correction du transit.
La peau du ventre se tend et démange. Des démangeaisons intenses, généralisées ou prédominant sur les paumes et les plantes, surtout la nuit et sans lésion visible, ne sont pas banales : elles font rechercher une cholestase gravidique par un bilan hépatique.
À faire cette semaine
- Vérifier la réalisation de l'échographie morphologique : la fenêtre se referme à 25 SA.
- Prendre rendez-vous pour le dépistage du diabète gestationnel si vous avez un facteur de risque, entre 24 et 28 SA.
- Prévoir la consultation du 6e mois et la prise de sang associée, numération et sérologie de l'hépatite B.
- Faire le point sur votre armoire à pharmacie : ranger les anti-inflammatoires hors de portée du réflexe, garder le paracétamol comme seule automédication antalgique.
- Signaler tout épisode de contractions régulières survenu depuis la dernière visite, même s'il a cédé au repos.
Autour de la semaine 22
La semaine 21 (23 SA) détaillait les perceptions du bébé ; la semaine 23 (25 SA) ouvre le 6e mois et la prise en charge à 100 %. La synthèse du mois est sur le 5e mois de grossesse, et le déroulé complet sur le calendrier de grossesse.
Rendez-vous à la maternité en cas de contractions régulières, même peu douloureuses, de perte de liquide, de saignements, de pression pelvienne inhabituelle, de fièvre supérieure à 38 °C ou de démangeaisons intenses des paumes et des plantes. À partir de 24 SA, une menace d'accouchement prématuré se traite d'autant mieux qu'elle est prise tôt.
Questions fréquentes
J'ai pris un ibuprofène avant de savoir, que faire ?
Signalez-le à votre sage-femme ou à votre médecin en précisant la dose et la date. Une prise unique avant 24 SA n'entraîne le plus souvent aucune conséquence, mais l'information permet d'adapter la surveillance et d'éviter une nouvelle prise.
Le dépistage du diabète gestationnel est-il obligatoire ?
Non, il est proposé en présence d'un facteur de risque et reste un examen que vous pouvez refuser après information. Un diabète gestationnel non repéré expose à un bébé de poids élevé, à des complications à l'accouchement et à un risque de diabète ultérieur pour la mère.
Que se passe-t-il si le bébé naît à 24 SA ?
Une naissance à ce terme relève d'un service de réanimation néonatale, dans une maternité de niveau 3. La survie est possible mais la prise en charge est longue et le risque de séquelles réel. La décision de réanimation se prend avec les parents, en fonction du terme exact et de l'état de l'enfant.
Peut-on prendre du paracétamol tous les jours ?
Il est autorisé, mais une prise quotidienne prolongée doit conduire à chercher la cause de la douleur plutôt qu'à la couvrir. Respectez les intervalles entre les prises et la dose maximale indiquée, et parlez-en en consultation si vous en avez besoin plusieurs jours de suite.
Les démangeaisons du ventre sont-elles toujours bénignes ?
Le plus souvent oui, la peau étant simplement distendue. Des démangeaisons intenses, nocturnes, touchant les paumes et les plantes, sans boutons, doivent faire pratiquer un bilan hépatique à la recherche d'une cholestase gravidique, qui nécessite une surveillance particulière.
Sources : CRAT pour les médicaments ; HAS et CNGOF, dépistage du diabète gestationnel et prématurité ; Assurance Maladie (ameli.fr) ; Santé publique France.