Consultez après 12 mois de rapports réguliers sans contraception, ou après 6 mois si la femme a plus de 35 ans. N'attendez pas ces délais en cas de cause connue : cycles absents ou irréguliers, syndrome des ovaires polykystiques, endométriose, antécédent de chimiothérapie ou de chirurgie pelvienne.
Ce que le mot recouvre
L'infertilité désigne l'absence de grossesse après une durée définie d'essais, pas une impossibilité définitive de concevoir. La distinction compte : une part importante des couples qui consultent obtiennent une grossesse, spontanément ou avec une aide médicale.
Le seuil de douze mois vient de la statistique : environ huit couples sur dix conçoivent dans l'année, comme le rappelle la page sur les délais de conception. Au-delà, la probabilité de concevoir spontanément le mois suivant diminue suffisamment pour qu'un bilan devienne utile. Le seuil est ramené à six mois après 35 ans parce que le temps disponible se réduit, question développée sur la page consacrée à la fertilité après 35 ans.
Ne pas attendre : les situations qui justifient un bilan d'emblée
- Absence de règles depuis trois mois ou plus, hors grossesse.
- Cycles très irréguliers, de moins de 21 jours ou de plus de 35 jours.
- Syndrome des ovaires polykystiques connu, ou signes évocateurs.
- Endométriose connue, règles très douloureuses, douleurs pendant les rapports.
- Antécédent de chirurgie pelvienne, d'infection génitale haute, de grossesse extra-utérine.
- Antécédent de chimiothérapie ou de radiothérapie, chez l'un ou l'autre des membres du couple.
- Chez l'homme : antécédent de cryptorchidie, de torsion testiculaire, de traumatisme, de varicocèle, d'orchite.
- Deux fausses couches ou plus, ou une femme de plus de 38 ans.
Le bilan de première intention
Il est simple, peu invasif et concerne toujours les deux partenaires. L'homme est seul en cause dans une part importante des situations, et impliqué avec sa partenaire dans une autre part : ne l'explorer qu'après la femme fait perdre des mois.
| Examen | Pour qui | Ce qu'il cherche | Moment |
|---|---|---|---|
| Interrogatoire et examen clinique | Le couple | Antécédents, fréquence des rapports, cycles, mode de vie | Première consultation |
| Bilan hormonal | Femme | Réserve ovarienne et fonctionnement de l'axe hormonal | En début de cycle |
| Échographie pelvienne | Femme | Utérus, ovaires, compte des follicules antraux | En début de cycle |
| Hystérosalpingographie ou hystérosonographie | Femme | Perméabilité des trompes, cavité utérine | Première partie du cycle |
| Spermogramme et spermocytogramme | Homme | Nombre, mobilité et forme des spermatozoïdes | Après 2 à 5 jours d'abstinence |
| Sérologies et bilan général | Le couple | Rubéole, toxoplasmose, infections sexuellement transmissibles, thyroïde | Dès le début du bilan |
Un spermogramme anormal n'est jamais conclusif à lui seul : la production de spermatozoïdes s'étale sur environ trois mois et un épisode fébrile, un traitement ou une période de fatigue suffisent à dégrader un résultat. Il est donc contrôlé à distance, généralement après trois mois, avant toute conclusion.
La répartition des causes
Schématiquement, une cause féminine est retrouvée dans environ un tiers des situations, une cause masculine dans un tiers, et les deux sont associées ou aucune n'est identifiée dans le tiers restant. Les infertilités dites inexpliquées, où le bilan complet est normal, ne sont pas des impasses : elles gardent des chances de grossesse spontanée et bénéficient des techniques d'assistance médicale.
Du côté féminin, les troubles de l'ovulation dominent, suivis des atteintes des trompes et de l'endométriose. Du côté masculin, les anomalies de production ou de transport des spermatozoïdes sont au premier plan. L'âge de la femme, enfin, agit indépendamment de toute pathologie et pèse sur les chances de chaque tentative.
Après le bilan : quelles suites
La prise en charge dépend de la cause. Un trouble de l'ovulation se traite par des inducteurs prescrits et surveillés en consultation spécialisée. Une anomalie utérine ou tubaire peut relever d'une chirurgie. Une carence, une dysthyroïdie ou un déséquilibre glycémique se corrigent. Quand ces mesures ne suffisent pas, ou d'emblée dans certaines situations, le couple est orienté vers un centre d'assistance médicale à la procréation : insémination, fécondation in vitro, ICSI, don de gamètes. Le parcours et les conditions de prise en charge sont détaillés sur la page consacrée à la PMA et à la FIV.
Quelle que soit la voie, les mesures de base restent utiles et sont trop souvent négligées : arrêt du tabac pour les deux, réduction de l'alcool, correction d'un poids très éloigné de la normale, et consultation préconceptionnelle avec acide folique. L'ensemble du sujet est traité dans la rubrique consacrée au projet de grossesse.
Consultez sans attendre en cas d'absence de règles depuis trois mois, de règles très douloureuses ou très abondantes, de douleurs pendant les rapports, de saignements entre les règles, d'écoulement mammaire, de douleur testiculaire ou de masse scrotale. Ces signes orientent vers une cause identifiable qu'un bilan précoce permet de traiter avant que le temps ne joue contre le projet.
Questions fréquentes
Au bout de combien de temps faut-il consulter ?
Douze mois de rapports réguliers sans contraception, six mois si la femme a plus de 35 ans. Ces délais sont raccourcis à zéro en présence d'une cause connue, comme des cycles absents, un syndrome des ovaires polykystiques ou une endométriose.
Qui consulter en premier ?
Le médecin traitant, la sage-femme ou le gynécologue peuvent lancer le bilan de première intention. L'orientation vers un centre spécialisé intervient ensuite, selon les résultats et l'âge de la femme.
Le bilan d'infertilité est-il remboursé ?
Oui, les examens prescrits dans ce cadre, spermogramme compris, sont pris en charge par l'Assurance Maladie. Les actes d'assistance médicale à la procréation bénéficient d'une prise en charge à 100 % sous conditions d'âge et de nombre de tentatives.
Un spermogramme anormal signifie-t-il une stérilité ?
Non. Un résultat isolé est peu conclusif : la spermatogenèse dure environ trois mois et une fièvre ou un traitement récent suffisent à l'altérer. Un contrôle à distance est indispensable avant toute conclusion.
Peut-on encore concevoir spontanément après un diagnostic d'infertilité ?
Oui, régulièrement, y compris pendant un parcours médicalisé et dans les infertilités inexpliquées. Le diagnostic décrit un délai dépassé, pas une impossibilité définitive.
Sources : HAS, prise en charge du couple infertile ; CNGOF, recommandations pour la pratique clinique sur l'infertilité ; Agence de la biomédecine, assistance médicale à la procréation ; Assurance Maladie (ameli.fr), infertilité et bilan.