Voyager pendant la grossesse : préparer son départ sereinement

Le meilleur moment pour partir se situe au 2e trimestre. Reste à choisir une destination compatible et à emporter le bon dossier médical.

Mis à jour le 10 septembre 2026

Voyager est possible dans une grossesse normale, avec un confort maximal entre 14 et 28 SA (12 à 26 SG). Trois points se vérifient avant de réserver : les conditions sanitaires de la destination, la qualité des soins sur place, et ce que couvre réellement votre assurance.

Quand partir : la fenêtre la plus confortable

Le 1er trimestre cumule fatigue, nausées et risque de fausse couche spontanée, sans lien avec le voyage mais susceptible de survenir loin de chez soi. Le 3e trimestre expose à l'inconfort, aux contractions et à un accouchement prématuré à distance de votre maternité. Le 2e trimestre concentre donc l'essentiel des départs, entre 14 et 28 SA. À partir de 32 à 34 SA, mieux vaut rester à moins de quelques heures de la maternité où vous êtes inscrite. Les compagnies aériennes appliquent leurs propres limites, détaillées sur prendre l'avion enceinte.

Les destinations qui posent problème

SituationConduite à tenir
Zone de transmission du paludismeÀ traiter comme une contre-indication de destination : le paludisme est plus grave chez la femme enceinte et les traitements préventifs sont restreints. À discuter avec un médecin ou un centre de vaccinations internationales
Zone de circulation du virus ZikaMême approche : le virus est responsable de malformations fœtales. Le voyage est déconseillé, y compris pour le partenaire, qui peut transmettre le virus sexuellement
Vaccins vivants exigés (fièvre jaune, ROR, varicelle)Contre-indiqués pendant la grossesse ; si le vaccin est obligatoire à l'entrée, la destination est à écarter, sauf dérogation médicale exceptionnelle
Altitude supérieure à 2 500 mètresSéjours prolongés déconseillés sans avis médical
Pays à hygiène alimentaire incertaineRisque de diarrhée du voyageur, difficile à traiter enceinte : eau en bouteille capsulée, aliments cuits et chauds
Zones sans structure obstétricale procheVoyage lointain en zone isolée déconseillé, surtout après 24 SA

Les vaccins inactivés, eux, restent possibles et parfois recommandés : la grippe et la coqueluche, à faire entre 20 et 36 SA, sont même conseillées pendant la grossesse indépendamment de tout voyage.

Ce qu'il faut emporter

  • Le dossier médical de grossesse : comptes rendus d'échographies, dernières analyses, ordonnances en cours, nom et coordonnées de la maternité.
  • La carte de groupe sanguin, indispensable en cas d'urgence, et le carnet de santé maternité.
  • La carte européenne d'assurance maladie pour l'Union européenne, l'Espace économique européen et la Suisse, à demander gratuitement à l'Assurance Maladie au moins deux semaines avant le départ.
  • Une assurance voyage vérifiée : beaucoup de contrats excluent la grossesse au-delà d'un certain terme et les frais d'accouchement à l'étranger. Lisez les exclusions avant de payer.
  • Une trousse : paracétamol (le seul antalgique de première intention, à dose minimale efficace), solution de réhydratation orale, thermomètre, gel hydroalcoolique, protection solaire élevée, traitement personnel habituel. Aucun anti-inflammatoire, l'ibuprofène et l'aspirine à dose antalgique étant contre-indiqués, formellement à partir de 24 SA.
  • Des bas de contention pour tout trajet de plus de quatre heures, voir collants et bas de contention.

Sur place : les réflexes qui changent tout

Repérez dès l'arrivée la structure médicale la plus proche capable de prendre en charge une grossesse, et notez le numéro d'urgence local (112 dans l'Union européenne). Adaptez le rythme : la fatigue arrive plus vite, les journées chargées se paient le lendemain. Buvez davantage, surtout en climat chaud, et appliquez les repères de la forte chaleur. Côté alimentation, les précautions habituelles restent valables et deviennent plus délicates à l'étranger : évitez le cru, le fumé, le lait non pasteurisé et l'eau du robinet dans les pays où elle n'est pas potable, comme le rappelle la fiche manger au restaurant enceinte. Marchez régulièrement, y compris pendant les trajets, pour limiter le risque veineux ; les mêmes principes s'appliquent aux longs trajets en voiture.

Grossesses qui contre-indiquent le voyage

Le déplacement lointain est déconseillé en cas de menace d'accouchement prématuré, de col raccourci ou de cerclage, de placenta praevia, de saignements, de pré-éclampsie ou d'hypertension mal équilibrée, de retard de croissance, de diabète déséquilibré, de grossesse multiple avancée ou d'antécédent d'accouchement prématuré. Dans ces situations, la décision revient au médecin qui suit la grossesse, et un certificat de non-contre-indication peut être demandé par le transporteur ou l'assureur.

Consultez sur place sans attendre en cas de saignement, de perte de liquide, de contractions régulières, de fièvre supérieure à 38 °C, de maux de tête intenses avec troubles visuels, d'œdèmes brutaux du visage et des mains, de douleur d'un mollet, d'essoufflement brutal ou de diminution des mouvements du bébé. Ne repoussez jamais une consultation au retour.

Questions fréquentes

Jusqu'à quand peut-on voyager enceinte ?

La plupart des voyages restent possibles jusqu'à 28 SA sans difficulté. Au-delà, restez à proximité de votre maternité, et à partir de 36 SA le déplacement lointain n'est plus indiqué, y compris parce que les compagnies aériennes le refusent souvent.

Faut-il un certificat médical pour voyager enceinte ?

Pas pour la route ou le train. Les compagnies aériennes en demandent souvent un après 28 SA, précisant le terme et l'absence de contre-indication. Certaines assurances l'exigent également.

Peut-on partir dans un pays où circule le Zika ?

C'est déconseillé pendant toute la grossesse, le virus pouvant provoquer de graves atteintes fœtales. La précaution s'étend au partenaire, la transmission sexuelle étant possible plusieurs semaines après le retour.

La carte européenne d'assurance maladie suffit-elle ?

Elle couvre les soins médicalement nécessaires dans les pays de l'Union européenne, de l'Espace économique européen et en Suisse, aux conditions locales. Elle ne couvre ni le rapatriement, ni les frais dans le secteur privé, d'où l'intérêt d'une assurance complémentaire.

Sources : Assurance Maladie (ameli.fr), carte européenne d'assurance maladie ; Santé publique France et Haut Conseil de la santé publique, recommandations sanitaires aux voyageurs ; HAS et CNGOF, suivi de la grossesse ; CRAT pour les médicaments ; hub vie quotidienne pendant la grossesse.