Menu type d'une journée enceinte, du matin au soir

Pas de régime particulier à suivre : une structure simple, trois repas et une à deux collations, qui couvre les besoins réels de la grossesse.

Mis à jour le 10 septembre 2026

Manger pour deux est une idée fausse. Les besoins augmentent d'environ 150 kcal par jour au 2e trimestre et 250 au 3e, soit un yaourt et un fruit. Ce qui change vraiment, c'est la répartition et la qualité, pas la quantité.

La structure d'une journée qui tient

Trois repas et une à deux collations évitent les creux, les fringales et les hypoglycémies de fin de matinée. Chaque repas principal contient idéalement quatre éléments : une source de protéines, un féculent de préférence complet, des légumes, et un produit laitier ou son équivalent enrichi. Une matière grasse végétale variée complète l'ensemble, et l'eau accompagne toute la journée, comme le rappelle l'hydratation pendant la grossesse.

Le menu, heure par heure

MomentPropositionCe que ça apporte
Petit-déjeunerBol de lait ou yaourt nature, deux tranches de pain complet avec beurre et confiture, une orange presséeCalcium, glucides complexes, vitamine C
Milieu de matinéeUne poignée d'amandes ou une banane, si la faim se fait sentirMagnésium, fibres, glucides
DéjeunerSalade de carottes râpées maison, filet de colin au four, riz complet, brocolis vapeur, comté, compoteProtéines, iode, fibres, calcium
CollationFromage blanc avec des fruits rouges lavés, ou deux carrés de chocolat noir avec du painCalcium, glucides répartis
DînerSoupe de potiron, dahl de lentilles au curcuma, semoule complète, yaourt nature, poireFer végétal, folates, protéines végétales
AssaisonnementsHuile de colza sur les crudités, huile d'olive à la cuisson, sel iodé avec modérationOméga-3, iode

Ce menu n'est pas une prescription mais un gabarit. Une version détaillée du premier repas figure sur le petit-déjeuner enceinte.

Les équivalences pour adapter sans se tromper

  • Protéines : 100 à 120 g de viande bien cuite, de poisson ou de tofu, ou deux œufs bien cuits, ou 150 g de légumineuses cuites au déjeuner comme au dîner.
  • Produits laitiers : un bol de lait, un yaourt, 30 g de fromage à pâte pressée cuite, ou une portion de boisson végétale enrichie en calcium, trois fois par jour selon les repères calcium.
  • Féculents : du pain, des pommes de terre, du riz, des pâtes ou de la semoule à chaque repas, en version complète ou semi-complète quand c'est possible.
  • Légumes et fruits : cinq portions par jour, crues bien lavées ou cuites, fraîches, surgelées ou en conserve.
  • Produits de la mer : deux fois par semaine, dont une de poisson gras pour les oméga-3.

Les points de vigilance dans ce menu

Chaque ligne du tableau tient compte des règles de sécurité alimentaire. Les carottes râpées sont préparées à la maison plutôt qu'achetées en barquette, les fruits rouges sont lavés soigneusement selon la méthode décrite pour les crudités, le poisson est cuit, le fromage est à pâte pressée cuite, et les laitages sont au lait pasteurisé. Le café ou le thé se prennent en dehors des repas riches en fer végétal, pour ne pas gêner l'absorption du fer, et dans la limite de 200 mg de caféine par jour.

Adapter selon le trimestre et les symptômes

  1. Premier trimestre Les nausées bousculent la structure. Fractionner en six petites prises, privilégier le froid et le sec, garder l'hydratation : les solutions concrètes sont sur que manger en cas de nausées.
  2. Deuxième trimestre L'appétit revient et les besoins montent légèrement. C'est la période la plus confortable pour installer les habitudes durables.
  3. Troisième trimestre L'estomac est comprimé : des repas plus petits et plus fréquents limitent les remontées acides. Les féculents restent présents à chaque repas.
  4. En cas de diabète gestationnel La structure devient un cadre thérapeutique, avec trois repas et deux à trois collations et des féculents à index glycémique bas, détaillé sur l'alimentation en cas de diabète gestationnel.
  5. Sans produits animaux Les équivalences et les points de surveillance sont sur la grossesse végétarienne ou végane.

Ce qu'il n'est pas utile d'ajouter

Un menu construit ainsi n'appelle ni complément multivitaminé systématique, ni aliment enrichi coûteux, ni régime d'exclusion préventif. Seul l'acide folique fait l'objet d'une recommandation générale, complété par la vitamine D souvent prescrite en fin de deuxième trimestre : le tri complet est fait sur la page des vitamines et compléments alimentaires. Se peser toutes les semaines n'est pas nécessaire non plus ; les repères de prise de poids sont suivis à chaque consultation.

Consultez si vous ne parvenez pas à vous alimenter pendant plus de 24 heures, si vous perdez du poids au deuxième ou au troisième trimestre, ou si vous ressentez malaises et vertiges répétés en dehors des repas. Consultez également devant une fièvre supérieure à 38 °C après un repas, une soif intense avec urines abondantes, ou des œdèmes qui apparaissent brutalement au visage et aux mains.

Questions fréquentes

Combien de calories faut-il manger enceinte ?

Il n'existe pas de chiffre unique : le besoin dépend de votre morphologie et de votre activité. L'augmentation utile reste modeste, de l'ordre de 150 kcal par jour au deuxième trimestre et 250 au troisième, et l'appétit guide mieux qu'un calcul.

Faut-il vraiment une collation l'après-midi ?

Elle aide surtout si l'intervalle entre le déjeuner et le dîner dépasse cinq à six heures, ou si vous ressentez des coups de fatigue. Sans faim ni symptôme, elle n'a rien d'obligatoire.

Puis-je sauter le petit-déjeuner si j'ai la nausée ?

Mieux vaut le remplacer par quelque chose de très léger pris au lit, biscuit sec ou pain grillé, car le jeûne prolongé aggrave les nausées. Reportez la partie laitière plus tard dans la matinée.

Ce menu convient-il aussi à une grossesse gémellaire ?

La structure reste valable, avec des besoins supérieurs en énergie, en fer et en protéines. Un suivi nutritionnel spécifique est souvent proposé, en lien avec l'équipe qui vous suit.

Les règles de sécurité qui sous-tendent ce menu sont réunies sur le guide de l'alimentation pendant la grossesse.

Sources : Santé publique France, recommandations alimentaires pour les femmes enceintes ; ANSES, références nutritionnelles ; HAS, suivi de la grossesse ; Assurance Maladie (ameli.fr).