Dattes en fin de grossesse : effets réels et précautions

Les dattes sont autorisées à tous les stades de la grossesse. Sur leur effet supposé au moment de l'accouchement, les preuves restent faibles.

Mis à jour le 10 septembre 2026

Oui, les dattes sont autorisées pendant toute la grossesse. Sur l'idée qu'en manger quotidiennement à partir de 36 SA (34 SG) faciliterait le travail, quelques travaux suggèrent un effet sur la maturation du col, mais leur niveau de preuve est faible : aucune promesse ne peut en être tirée.

Ce que contient une datte

La datte est un fruit séché très concentré : environ 65 à 70 % de sucres, des fibres, du potassium, du magnésium, un peu de fer non héminique et des polyphénols. Trois dattes Medjool représentent à peu près l'équivalent glucidique de deux tranches de pain, pour un volume bien plus petit. Cette densité en fait un en-cas pratique en fin de grossesse, quand l'estomac est comprimé et que les repas se fractionnent, mais aussi un aliment à compter dans la journée plutôt qu'à grignoter sans limite. Les autres fruits et leurs précautions suivent la même logique : sucre naturel, mais sucre quand même.

QuantitéApport approximatifCommentaire
1 datte (environ 8 g)20 à 25 kcal, 5 à 6 g de sucresÉquivalent d'un carré de sucre et demi
3 dattes60 à 80 kcal, 15 à 18 g de sucres, 2 g de fibresPortion raisonnable comme collation
6 dattes (la quantité étudiée)120 à 160 kcal, 30 à 36 g de sucresÀ discuter en cas de diabète gestationnel

L'effet sur le col et le travail : ce que valent les données

Plusieurs petits essais, réalisés surtout au Proche-Orient et en Asie, ont comparé des femmes consommant environ six dattes par jour dans les quatre dernières semaines de grossesse à des femmes n'en consommant pas. Ils rapportent un score de Bishop un peu plus favorable à l'admission, c'est-à-dire un col plus mûr, et parfois un recours moindre à l'ocytocine de synthèse ou au déclenchement.

Ces résultats doivent être lus avec prudence : effectifs faibles, absence d'aveugle (on sait forcément si l'on mange des dattes), méthodes hétérogènes, populations peu comparables aux femmes suivies en France, et critères de jugement variables d'un essai à l'autre. Aucune recommandation française, ni de la HAS ni du CNGOF, ne préconise la consommation de dattes pour préparer l'accouchement. La formulation honnête est donc : c'est plausible, c'est sans danger, ce n'est pas démontré. Manger des dattes ne raccourcira pas nécessairement votre travail et n'évitera pas un déclenchement.

Comment les consommer si vous voulez essayer

  • À partir de 36 SA (34 SG), soit environ quatre semaines avant le terme, la période utilisée dans les travaux publiés.
  • Trois à six dattes par jour, réparties dans la journée plutôt qu'en une fois, avec une source de protéines ou de matières grasses (yaourt, oléagineux) pour limiter le pic de glycémie.
  • À la place d'un autre sucre, pas en plus : elles remplacent avantageusement un gâteau ou une barre chocolatée.
  • Rincées si elles sont vendues en vrac, et conservées au sec.

Aucune précaution microbiologique particulière n'est nécessaire : la datte est un fruit séché, pauvre en eau, qui ne présente pas de risque de listériose ni de toxoplasmose. Elles sont aussi un aliment de rupture du jeûne classique, ce qui intéresse les femmes concernées par le ramadan pendant la grossesse.

Quand s'en abstenir ou demander un avis

La charge en sucres est le seul vrai point de vigilance. En cas de diabète gestationnel, six dattes par jour peuvent déséquilibrer les glycémies : la quantité se décide avec la diététicienne ou le service qui suit vos contrôles, souvent une à deux dattes en fin de repas plutôt que six. En cas de prise de poids déjà supérieure aux repères, la même prudence s'applique. Les dattes apportent du fer, mais en quantité modeste et sous forme peu absorbable : elles ne remplacent pas une supplémentation en fer prescrite après une prise de sang.

Une remarque de méthode : les dattes ne sont pas une méthode de déclenchement. Aucun aliment, aucune tisane de feuilles de framboisier ni aucune huile ne déclenche un travail à terme de façon fiable. Si une raison médicale impose de faire naître le bébé, c'est un protocole hospitalier qui s'applique.

Consultez ou rendez-vous à la maternité en cas de contractions régulières et douloureuses, de perte de liquide, de saignement, de fièvre ou de diminution des mouvements du bébé, quelle que soit votre alimentation. Ces signes se jugent indépendamment de tout ce que vous avez pu manger et ne doivent jamais être attribués à une collation.

Questions fréquentes

À partir de quelle semaine manger des dattes pour préparer l'accouchement ?

Les travaux publiés portent sur les quatre dernières semaines, soit à partir d'environ 36 SA (34 SG). Rien n'interdit d'en manger plus tôt, mais aucun bénéfice supplémentaire n'a été observé en commençant avant.

Combien de dattes par jour en fin de grossesse ?

Les essais utilisent six dattes par jour. Trois suffisent comme collation équilibrée. Au-delà, l'apport en sucres devient significatif, surtout si votre glycémie est surveillée.

Les dattes peuvent-elles déclencher le travail ?

Non. Aucune donnée ne montre qu'elles déclenchent des contractions. Les résultats disponibles portent sur la maturation du col et sur le déroulement du travail une fois celui-ci commencé, avec un niveau de preuve faible.

Peut-on manger des dattes avec un diabète gestationnel ?

En quantité réduite et validée avec l'équipe qui suit vos glycémies, plutôt en fin de repas et associées à des protéines. Le protocole de six dattes par jour n'est pas adapté à cette situation.

Sources : HAS et CNGOF, recommandations sur le déclenchement et la fin de grossesse ; ANSES, tables de composition nutritionnelle ; Santé publique France, repères nutritionnels de la grossesse ; hub alimentation pendant la grossesse.