Astuces de grand-mère pour deviner le sexe du bébé

Ventre pointu, envies de sel, alliance suspendue au-dessus du ventre : quatorze méthodes traditionnelles, et la réponse de la science pour chacune.

Mis à jour le 10 septembre 2026

Aucune de ces méthodes ne fonctionne. Toutes tombent juste environ une fois sur deux, ce qui est la performance d'une pièce lancée en l'air pour une question à deux réponses. Cela ne les empêche pas d'être amusantes, à condition de ne rien décider sur leur foi.

Le tableau des quatorze croyances

CroyanceCe qu'elle annonceCe que dit la science
Ventre pointu et en avantUn garçonLa forme dépend de la musculature abdominale, du nombre de grossesses précédentes, de la forme du bassin et de la position du fœtus, jamais de son sexe.
Ventre large et étaléUne filleMême explication : deux femmes portant un fœtus de même sexe peuvent avoir des ventres très différents.
Nausées et vomissements sévèresUne filleUne association statistique faible a été décrite entre vomissements très sévères et fœtus féminin, mais elle ne permet aucune conclusion sur une grossesse donnée.
Rythme cardiaque fœtal supérieur à 140 par minuteUne filleRéfuté. La fréquence cardiaque fœtale varie surtout avec le terme et l'activité du bébé ; les moyennes des deux sexes ne diffèrent pas.
Ligne brune remontant au-dessus du nombrilUn garçonLa linea nigra est une hyperpigmentation hormonale, présente chez une majorité de femmes enceintes quel que soit le sexe du bébé.
Test du pendule ou de l'alliance suspendueMouvement circulaire pour une fille, pendulaire pour un garçonEffet idéomoteur : la main produit involontairement le mouvement attendu. L'expérience échoue dès que l'opérateur ignore ce qu'il est censé trouver.
Test au bicarbonate de soudeÇa mousse pour un garçonLa mousse traduit l'acidité des urines, qui dépend de l'alimentation, de l'hydratation et du moment de la journée.
Test au jus de chou rougeChangement de couleur selon le sexeLe chou rouge est un indicateur de pH : il réagit à l'acidité, pas aux hormones fœtales.
Envies de sucréUne filleAucune corrélation retrouvée. Les envies alimentaires varient selon les cultures et les habitudes, pas selon le sexe du bébé.
Envies de salé, de viande, de fromageUn garçonMême conclusion : les études sur les envies de grossesse n'ont jamais mis en évidence de lien avec le sexe.
Acné, cheveux ternes, teint fatiguéUne fille qui « vole la beauté de sa mère »Les modifications cutanées de la grossesse sont hormonales et fréquentes dans tous les cas.
Bébé très actif dans le ventreUn garçonL'activité perçue dépend de la position du placenta, du terme et de l'attention de la mère.
Mains sèches, pieds froidsUn garçonAucun lien. La sécheresse cutanée et la sensation de froid dépendent de la circulation et de la saison.
Prise de poids du futur pèreUne filleAucune donnée ne soutient cette idée, souvent citée comme la plus injuste des croyances de grossesse.

Pourquoi elles paraissent marcher

Une question binaire donne une chance sur deux à n'importe quel devin. Sur quatorze méthodes appliquées à une même grossesse, sept en moyenne tomberont juste, et ce sont celles-là que l'on citera après la naissance. La mémoire fait le reste : la prédiction juste devient une histoire de famille, la prédiction fausse disparaît. Une femme ayant eu deux enfants a près de trois chances sur quatre qu'une méthode donnée ait vu juste au moins une fois. Ce mécanisme, le biais de confirmation, est détaillé sur Le calendrier chinois est-il fiable ?.

S'ajoute un effet de sélection : les croyances qui survivent sont celles qui produisent des anecdotes marquantes, pas celles qui sont exactes. Le calendrier chinois et le prétendu calendrier maya durent pour la même raison.

Ne réalisez jamais de test « maison » mélangeant vos urines à un produit d'entretien, un déboucheur de canalisation ou de l'eau de Javel : ces mélanges dégagent des vapeurs irritantes ou toxiques et peuvent provoquer des brûlures. Le bicarbonate alimentaire est inoffensif, mais il ne donne aucune information ; les autres produits sont dangereux et ne valent pas davantage.

Les croyances qui recoupent un vrai symptôme

Deux d'entre elles méritent une nuance, non pour prédire un sexe, mais parce qu'elles décrivent des situations médicales réelles. Des nausées et vomissements incoercibles, avec perte de poids et impossibilité de boire, correspondent à une hyperémèse gravidique qui justifie une consultation, indépendamment de toute prédiction. Et la pigmentation de la grossesse, ligne brune ou masque de grossesse, s'atténue après l'accouchement mais se prévient par la protection solaire. Le reste des signes de grossesse et ce qu'ils indiquent vraiment sont réunis sur Symptômes fille ou garçon : que dit la science ?.

Comment les jouer intelligemment

  1. Notez les prédictions avant de savoir. Écrivez la réponse de chaque méthode sur une feuille, datez-la, rangez-la. C'est la seule façon d'éviter de réécrire l'histoire après coup.
  2. Faites voter l'entourage. Un pari collectif à la baby shower vaut mieux qu'une méthode unique prise au sérieux, et le taux de réussite sera le même.
  3. Comparez avec le résultat réel. Ressortez la feuille après la naissance et comptez : le score tournera autour de la moitié, comme prévu.

Ce qui donne une réponse

L'échographie morphologique identifie le sexe avec une fiabilité très élevée vers 22 SA, souvent dès 16 SA quand la position du bébé le permet. Le test ADN fœtal sur sang maternel le détecte dès 10 SA, mais il est réservé en France à des indications médicales. Entre les deux, la théorie de la nuque vers 12 SA donne une impression d'échographiste, pas un diagnostic. Tout le reste appartient au folklore, et c'est très bien ainsi tant que personne ne repeint une chambre à cause d'un pendule.

Questions fréquentes

Le test au bicarbonate est-il dangereux ?

Non, le bicarbonate alimentaire mélangé à de l'urine ne présente aucun risque. Il n'indique en revanche que l'acidité des urines. Les tests utilisant des produits ménagers, eux, sont à proscrire.

Les nausées sévères annoncent-elles vraiment une fille ?

Une association faible a été décrite dans de grandes bases de données, mais elle ne se transpose pas à une grossesse individuelle : de très nombreuses femmes portant un garçon vomissent beaucoup, et l'inverse est tout aussi vrai.

Pourquoi ma grand-mère a-t-elle deviné juste pour tous ses petits-enfants ?

Parce qu'une chance sur deux répétée finit par produire des séries impressionnantes, et parce que les erreurs ne se racontent pas. Une prédiction juste quatre fois de suite a une probabilité de 6 %, ce qui arrive dans une famille sur seize.

Existe-t-il une astuce populaire un peu fiable ?

Aucune. La seule information disponible avant l'échographie est médicale, et elle nécessite une prise de sang ou une image, pas un pendule ni un tableau.

Sources : Haute Autorité de Santé, dépistage prénatal ; CNGOF, recommandations sur les échographies de dépistage et l'hyperémèse gravidique ; Assurance Maladie (ameli.fr), suivi de grossesse ; travaux ayant testé la fréquence cardiaque fœtale et les signes populaires comme prédicteurs du sexe.